2006 > L’expérience du groupe (français) (Español)

le groupe

Montréal, 27 janvier 2006
C’est le grand départ aujourd’hui. Le vol est prévu pour 21h30. Pour l’instant, l’impatience commence à gagner tout un chacun. Dès notre arrivée à l’aéroport, nous avons enregistré les bagages. Catastrophe, plusieurs valises dépassent le poids permis. C’est le branle-bas de combat pour répartir autrement le matériel que nous apportons tant pour l’école que pour l’orphelinat !
Ce sera bientôt l’heure de notre vol… Il nous tarde à tous d’être dans les airs. Le moment où nous poserons le pied en République Dominicaine semble encore si loin! Difficile d’imaginer quelle sera notre réalité dans quelques heures.

Barrio Cerveceria , 28 janvier 2006
Arrivés à l’aéroport avec une bonne heure de retard, nous avons été accueillis par le vent chaud qui soufflait sur la piste et le sourire des coordonnateurs dominicains. Nous y voilà enfin ! Il était 5 heures du matin lorsque nous avons rencontré nos familles pour la première fois. Nous sommes nombreux à nous demander dans quelle aventure nous nous sommes lancés.
Nous avons réussi à dormir quelques heures avant qu’il ne fasse totalement grand jour et que la vie du barrio nous tire du sommeil. C’est à ce moment que nous réalisons à quel point nous sommes loin de chez nous ! Tout ce qui nous entoure est nouveau. Les premiers contacts se font pour certains un peu plus difficilement étant donné les barrières linguistiques. Incroyable, par contre, l’accueil qui nous est fait ! Plus la journée avance et plus nous sommes à l’aise dans nos familles. Une chance qu’on a réalisé que tous les enfants n’étaient pas nos frères et nos sœurs ! Ç’aurait fait des familles très nombreuses!

Batteye Las Pahas, 29 janvier 2006
Ce matin, nous voilà levés très tôt et partis en direction des champs de canne à sucre. Personne ne sait vraiment ce qui nous attend là-bas. Nous partons à la découverte, les yeux et le cœur grand ouverts.
Notre premier contact avec la pauvreté de la République Dominicaine fut déstabilisant pour plusieurs. Malgré les conditions de vie difficiles, les maigres salaires et la dureté du travail, les gens que nous avons rencontrés sont chaleureux et souriants. Les enfants nous tendent les bras, des familles nous accueillent dans leur maison et partagent avec nous leur réalité.
Comment font-ils pour parvenir à vivre et à garder en eux cette joie que l’on sent, cette présence à l’autre, au moment qui passe ? Comment font-ils pour nous ouvrir si spontanément leur porte, pour nous permettre de visiter leur intérieur? Ils nous font entrer dans leur intimité et nous montrent ce que nous, probablement, nous cacherions. C’est l’envers de notre monde.

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San Pedro de Macoris , 30 janvier 2006
C’est en moto, moyen de transport local, que nous nous sommes rendus au marché. Quelle expérience! Comme dirait Obélix, « ils sont fous ces Dominicains!!! »Tout un choc culturel pour plusieurs d’entre nous!
Du marché, nous gardons tous un souvenir olfactif impérissable ! Jamais nous n’oublierons l’odeur qui régnait dans les étals de boucherie! C’est indescriptible et inimaginable. Il faut le sentir pour le croire !
La promenade dans la ville fut très agréable. Nous avons pu prendre contact avec la ville où nous vivons. C’est fou la différence qu’il peut y avoir entre la partie commerciale de la ville et le quartier où nous habitons. Dans cette ville, les quartiers se suivent et ne se ressemblent pas. L’écart entre les riches et les pauvres est perceptible partout.
Après un dîner en famille, nous avons passé l’après-midi à jouer avec les enfants de l’orphelinat Nuestros Pequeňos Hermanos. Étrange réalité que celle de ces enfants abandonnés. Ces enfants semblent avoir beaucoup plus que les enfants des batteyes, mais, en même temps, ils semblent avoir moins… Ils ont accès à une éducation, à des soins de santé, à une maison suffisamment grande pour tous, mais il semble leur manquer l’amour d’un père et d’une mère.


Santo Domingo, 31 janvier 2006
Du haut du pont, personne n’en croit ses yeux. Tous, nous croyons avoir une vision de ce qui ne devrait pas exister. Toutes ces maisons collées en bordure de la rivière, tous ces hommes qui vivent entasser les uns sur les autres. Voilà notre premier contact avec un bidonville. Est-ce celui où nous irons ? Peu importe, la seule chose, c’est qu’il existe…
Après cette vision fugitive, nous nous retrouvons dans une école des Frères des Écoles Chrétiennes. Ça semble un havre de paix au milieu de ce quartier. Nous avons compris rapidement que les Frères tentaient d’aider les jeunes de ce barrio en offrant des cours techniques et le service d’un dispensaire. Voilà une bonne nouvelle !
Puis ce fut la descente dans au cœur même du bidonville… Une longue descente en silence en suivant les trottoirs étroits… Une descente dans nos cœurs, un parcours qui nous a tous bouleversés.
Merci à toi, Nieve, de nous avoir ouvert la porte de ta maison. Une maison comme tant d’autres dans ce bidonville, mais une maison comme il ne devrait pas en exister. Une maison tellement petite que deux personnes ont peine à y entrer. Une maison où le jour n’entre pas et où il est impossible de se tenir droit. Malgré les promesses que les politiciens de passage peuvent vous faire depuis des années, comment faites-vous pour garder l’espoir et la foi ?

Hotel Barceló, 1er février 2006
Journée à la plage, journée de détente. Plusieurs en ont profité pour faire le point. Après ce que nous avons vu ces derniers jours, le tourisme n’a pas le même sens. De voir autant de nourriture alors que nous savons qu’à 1 km à peine des hommes et des femmes peinent à nourrir leur famille en révolte plus d’un. De la même façon, les propos que tiennent les touristes au personnel de l’hôtel en ont choqué plus d’un.
De retour à San Pedro, lors de la réunion du soir, nous avons pu jaser de ce que nous avons vu. Nous n’aurions jamais cru avoir tant à dire d’une journée à la plage sans parler une seule fois de la température de l’eau ou de la blancheur du sable.
Merci à Oscar qui nous a expliqué le visage caché du tourisme. Nous serons des touristes responsables à l’avenir !

San Pedro de Macoris , 2 février 2006
Aujourd’hui, nous avons visité l’hôpital public de San Pedro. Nous nous sommes parfois sentis un peu voyeurs et très touristes. Il a fallu que nous nous parlions pour comprendre pourquoi nous étions là. C’est en voyant qu’on peut comprendre, et c’est par la compréhension qu’on peut juger puis agir. Nous avons donc pris le temps de voir…
Après un bon dîner en famille, nous avons marché jusqu’à l’école que fréquentent plusieurs de nos frères et sœurs. À l’école primaire Pablo Duarte, les classes sont plus petites que les nôtres et il y a entre 40 et 50 élèves par classe! Grande différence avec nous, ils aiment les mathématiques !!! Nous avons profité de l’occasion pour parler du Canada aux élèves de différentes classes. Ça semble difficile pour eux d’imaginer la neige ou les moins trente degrés Celsius qu’il doit faire au Québec !
Puis la récréation a sonné ! Ce fut la ruée vers la cours arrière. Il semble que les cours d’école soient toutes les mêmes ! Nous avons profité de ces moments pour jouer avec les jeunes Dominicains. Une chance que la langue n’est pas une barrière pour jouer au basket !


San Pedro de Macoris , 3 février 2006
Après un très long dodo en prévision de la nuit blanche qui nous attend, nous nous sommes réunis une dernière fois pour faire le bilan de cette semaine riche en apprentissages et en découvertes. Ce fut un partage riche en émotions. Ce tour de groupe nous a permis de mettre en relief la diversité des apprentissages que nous avons faits et de réaliser que chacun a été marqué par un moment différent. Ces différences rendent notre groupe riche de son expérience, mais nous permettent également de réaliser que personne n’a fait exactement le même voyage intérieur. Nous sommes riches de notre diversité. Et malgré cette diversité, nous parvenons à nous rejoindre, à nous comprendre…
C’est avec impatience que nous avons attendu la fiesta d’adieu. Entre les pannes de courant qui nous ont fait sortir nos tambours et la musique dominicaine endiablée, nous avons bien profité de cette soirée de danse au clair de lune. En effet, nous avons eu l’immense privilège de faire la fiesta sur le toit de la maison de deux des filles du groupe! Dans tous ces moments de plaisir, nous avons tous ressenti, à certains moments, une telle tristesse à l’idée que notre séjour en République Dominicaine tirait à sa fin. Nous avons donc fait la fête en tentant d’oublier que, dans quelques heures nous allions partir. Mais lorsque dix heures a sonné et qu’il a fallu retourner dans nos familles, nous étions tentés de nous attarder. Tout cela n’avait pas duré suffisamment longtemps ! Nous voulions être encore avec eux, partager avec les Dominicains leur joie de vivre, leur facilité à s’amuser et leur facilité à créer un bonheur tout simple.
Minuit a sonné, la guagua est arrivée… À l’intersection des deux rues où habitaient la plupart d’entre nous, ce ne sont qu’embrassades et accolades. Sur le point de partir, nous mesurons l’attachement que nous avons pour ces gens que nous ne connaissions pas il y a à peine 8 jours… Le cœur s’attache vite et l’âme crée des racines plus rapidement qu’on ne le croit…


La Romana, 4 février 2006
Nous ne voulons pas partir, quitter ces familles qui nous ont ouvert si généreusement leur porte et leur cœur. Nous n’oublierons jamais nos parents dominicains, nos frères et nos sœurs de là-bas.
Nous avons fait nos adieux aux coordonnateurs. Comment leur faire comprendre que jamais nous ne les oublierons ? Ils nous ont fait vivre tant de belles choses, ils nous ont accompagnés tout le long de ce chemin où l’on a découvert leur monde tout en se découvrant nous-mêmes. Comment leur faire comprendre, malgré les barrières de la langue, qu’ils ont été et sont, par leur présence, comme des grands frères pour plusieurs d’entre nous ?
Les bagages sont enregistrés. Il ne reste qu’à passer la douane. Une dernière fois, encore, nous nous retournons. Ils sont tous là, Mioced et Oscar. Leur sourire sera notre dernier souvenir. Merci à vous tous…


Bécancour, 14 février 2006
Nous sommes de retour depuis dix jours dans le froid et la neige de notre coin du monde. Nous avons encore tous la tête au soleil, la démarche un peu plus lente, le regard fréquemment tourné vers l’intérieur. Nous remarquons un tas de petits détails que nous ne voyions pas avant… C’est comme si nous avions tous l’épiderme un peu plus sensible.
Il est parfois difficile de parler de notre expérience avec les gens qui nous entourent. Ils ne peuvent pas imaginer ce que c’est même s’ils disent qu’ils comprennent… Et les photos, même si elles sont nombreuses, ne reflètent pas ces moments d’émotions que nous avons vécus. Tous ces moments qui nous sont si chers n’ont pu être captés sur pellicule. On ne peut figer à tout jamais la chaleur d’un contact humain, une odeur, une sensation, une impression… C’est tellement plus simple d’en parler avec ceux qui ont vécu l’expérience !
Bientôt nous aurons des conférences à donner… Il faudra trouver un moyen de contourner la limite de l’imagination pour leur faire entrevoir l’étendue des apprentissages que nous avons faits. Dépasser ces limites pour tenter, à notre tour, de les sensibiliser à cette différence, pour au moins parvenir à ouvrir un peu la porte de la conscience à l’autre, à la différence. Tout un défi, mais nous sommes prêts à le relever.
Nous avons vu, nous avons mûri, c’est maintenant l’heure d’agir ! Tenter de convaincre les autres pour changer notre monde !

  

  

  

  

comprendre

Samuel Leclerc
J’ai vu et appris beaucoup d’une autre culture et d’un mode de vie très difficile. Nous avons visité des secteurs pauvres comme les bidonvilles et un batteyes. Malgré leur misère, les gens sont souriants. Ça m’a ouvert les yeux. Je sais maintenant que c’est possible de vivre avec moins. J’apprends à apprécier ce que j’ai sans chialer.

Dany-Pier Prince
J’ai adoré mon expérience en République Dominicaine. J’ai tout apprécié de ce voyage. Les gens et les activités et les découvertes resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Il faut vivre ce voyage pour comprendre toute cette réalité.

Stéphane Landry
La République Dominicaine m’a beaucoup appris sur moi-même ! En effet, j’ai découvert que, finalement, je me plains souvent pour rien, que j’ai tendance à vouloir ce que je n’ai pas au lieu de me réjouir de ce que j’ai déjà. Ce voyage m’a aussi montré un peuple, et une culture où la valeur première n’est pas l’argent mais l’amitié et la famille, qu’importent les biens matériels. L’important c’est d’aimer et d’être aimé.

Sébastien Montplaisir
Toute une vie n’est pas suffisante pour découvrir de cette merveilleuse culture mais une journée suffi pour être charmé par ce peuple si accueillant et chaleureux. Je suis marqué par ses gens pour le reste de ma vie.

Roxane Béliveau-Hélie
L’expérience dominicaine m’a appris beaucoup sur moi-même, sur un autre mode de vie et la réalité cachée derrière les grands hôtels. Ce qui m’a marqué le plus durant le voyage, ce sont les valeurs qui sont extrêmement présentes malgré les mauvaises conditions de vie et la pauvreté. La famille, le respect, l’amitié, l’amour, l’entraide, l’espoir et les croyances sont les valeurs qui m’ont touchée. Laissez-moi vous dire qu’on ne retrouve pas l’intensité de ces valeurs au Québec. Malgré tout ce que je pourrais vous dire sur ce que notre groupe a vécu, je sais qu’il vous est impossible de ressentir et de comprendre ce qu’on a vécu. Mais si on me redonnait le choix entre un voyage « tout-inclus » ou une autre expérience de sensibilisation, mon choix serait clair : repartir pour m’imprégner de leur joie de vivre !

Ashley Cyrenne St-Louis
Pendant mon voyage, j’ai découvert plein de choses nouvelles qui se passent ailleurs que chez nous. Les valeurs que possèdent ces personnes sont extraordinaires. Même malgré la pauvreté, ils ont toujours le sourire et veulent aider tout le monde. Ça vaut vraiment la peine de travailler fort et d’investir du temps pour un voyage comme ça.

M. Michel Rivard
Une expérience de groupe intense et aussi très enrichissante au plan humain et spirituel. Nous avons pu constater qu’il est important de véhiculer des valeurs comme la fraternité, le partage, l’abandon inconditionnel, l’amitié, l’accueil et la présence à l’autre. Je crois que les jeunes sont allés puiser l’essentiel pour eux afin de pouvoir le partager par la suite à tout ceux et celles qui les entourent.


Mme Isabelle Bruneau
Par moment, j’ai encore en tête la République Dominicaine… De cette expérience, je garde précieusement le souvenir des yeux des 16 jeunes que j’ai accompagnés. Tout au long de la semaine, dans leurs yeux se reflétaient leur âme. J’y ai lu l’amour, la compassion, l’acceptation de l’autre, l’ouverture à la différence. Par moment, on y lisait également de la frustration, le désir de changer l’injustice et une envie folle de se battre pour que le monde change. Je les revois, des enfants dans les bras, émus d’une rencontre, touchés par la fraternité. Ils sont allés là-bas, ils ont vu et ils ont vécu. Ils ont accepté de se laisser toucher par l’expérience dominicaine...une expérience de vie sans pareil.

 

 

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